
Les Grands Chênes, La Ferrière-en-Parthenay (Deux-Sèvres)
L’opération archéologique a porté sur l’occupation médiévale de la Ferrière-en-Parthenay, caractérisée par plusieurs bâtiments sur poteaux et fossés parcellaires. Au sein de la basse-cour a également été retrouvée un atelier métallurgique.
L’analyse de la documentation cartographie révèle l’organisation de la motte de la Ferrière-en-Parthenay et de sa basse cour située à proximité du Bas Bourg. Elle est probablement antérieure à la création du Haut Bourg, dont les parcelles se développent autour de son centre, son développement radioconcentrique « butant » vers le sud contre le parcellaire circulaire entourant la motte vers le nord et délimitant une basse cour. Au lieudit Les Grands Chênes, c’est au sein de cette dernière et au pied de la motte que des vestiges ont été identifiés lors du diagnostic archéologique ce qui a motivé la prescription d’une fouille archéologique préventive.
L’emprise de fouille définie se partage en deux secteurs distincts. Une moitié ouest quasiment dépourvue de vestiges mis à part des fossés et quelques fosses dont la plupart sont en lien avec l’existence d’une haie visible sur un cliché photographique de 1959. La moitié est, est caractérisée par la présence d’un épandage de résidus métallurgiques, scories coulées, culots et fragments de paroi de four, qui occupe une surface d’environ 1200 m² et qui recouvre, en les scellant, les vestiges en creux aménagés dans le substrat argileux.
Au pied de la motte, bordant la limite sud de l’emprise de fouille, des vestiges de fossés ont été découverts. Ceux situés à l’est de l’emprise de fouille, dans le secteur dédié à la transformation du minerai de fer, sont en partie colmatée par des résidus métallurgiques. Conservés sur une faible profondeur, des passages sont aménagés entre les fossés, vestiges probables d’axes de circulation. Ces passages s’organisent certainement avec des aménagements en matériaux périssables, probablement en bois, dont seul le négatif des trous de poteau est conservé, comme c’est le cas de l’ensemble 2 de trous de poteau situé au sud-est de l’emprise de fouille. D’autres aménagements en matériaux périssables ont par ailleurs été identifiés grâce à l’existence de trous de poteau comme un petit bâtiment avec appentis qui occupe une surface de 36 m² environ. Enfin, quelques alignements de trous de poteau et de piquet ont également été identifiés, vestiges probables de structures légères ou de barrières contemporaines ou non de l’occupation médiévale du site. L’examen du mobilier céramique permet de mettre en évidence une phase d’occupation principale située entre IXème et le XIIIème siècle, voire le XIVème siècle.
La fouille a révélé l’existence d’une activité de transformation du minerai de fer datant du XIème siècle au XIIème siècle. Les opérations de préparation du minerai, de réduction et de production de produit semi-fini (masse de métal compacté), ou fini (objets) sont attestées. En effet, plusieurs vestiges de structures en lien avec l’activité métallurgique ont été identifiés. Une aire de grillage de minerai de fer qui permettait d’éliminer l’eau et de le fragmenter. Une aire de stockage de minerai a été localisée à proximité d’un four de réduction à scorie coulée. Enfin, un pot presque intact a été supposé correspondre à une probable structure de trempage. Les déchets métallurgiques étaient gérés et stockés à l’intérieur de la basse cour, à proximité immédiate de l’atelier, du moins dans un premier temps. Avec le temps, l’amas s’est répandu sur une emprise d’environ 1 400 m², en colmatant notamment et en partie les fossés situés à proximité.
Si la présence des scories coulées ne laisse aucun doute sur l’utilisation de bas fourneaux à scorie écoulée, comme c’est le cas pour tous les sites de Gâtine qu’ils soient antiques ou médiévaux, se pose alors la question de la vocation de l’atelier du site des Grands Chênes et donc des opérations de post-réduction ; production d’un produit semi-fini, du fer épuré, revendable, fabrication et entretien d’objet ou les deux. Dans l’emprise de la fouille et notamment dans le secteur métallurgique, des culots et des battitures ont été identifiés. Ce sont des résidus qui peuvent être issus du travail d’épuration du métal sorti du four de réduction par martelage à chaud afin d’éliminer les impuretés et issus de la mise en forme du métal par forgeage d’une masse de fer afin de façonner des objets ou outils. Les culots retrouvés sur le site sont très homogènes. En ce qui concerne les battitures, il est difficile de dissocier le travail d’épuration du travail de forge en s’appuyant sur la présence de tel ou tel type de battitures. Cependant, sur le site de Vianney, les battitures granulaires, prépondérantes sur le site de la Ferrière-en-Parthenay, sont plutôt associées au travail d’épuration tandis que les battitures lamellaires sont généralement associées au travail de forge. Si un pot de trempage a été découvert, il permet de confirmer l’existence, à sa proximité, d’un travail de forge. Cependant, aucun gromps, déchets métalliques associés au travail d’épuration, et aucune chute de travail, fragments de métal ou soies de préhension, n’ont été échantillonnés. Seuls deux fragments corrodés de clous ont été découvert lors de la fouille.
Opération archéologique
• Type d'opération : fouille préventive
• Dates : du 20 mai au 07 juin 2013
• Surface : 3 000 m²
• Type d'aménagement : Lotissement
• Suivi scientifique : Thierry BONIN (DRAC – SRA Nouvelle-Aquitaine)
Nature des vestiges
• Périodes : Moyen Âge
• Sujets et thèmes : motte, atelier métallurgique (ferreux)
Intervenants
• Responsable d'opération : Christophe COLLIOU (terrain), puis Gérald BONNAMOUR (post-fouille, rédaction rapport)
• Équipe de fouille : Arnaud COIFFE, Nicolas MORELLE
• Équipe de post-fouille : Adrien ARLES, Arnaud COIFFE, Florian LELEU, Nicolas MORELLE, Marie SPICHER, Émilie TOMAS
• Collaborations : Archéolabs
• Aménageur : Mairie de la Ferrière-en-Parthenay

Publications
BONNAMOUR G. (Direction post fouille et rapport), COLLIOU C. (RO terrain) avec la coll. de A. ARLES, A. COIFFE, F. LELEU, N. MORELLE et E. TOMAS (2016) – Les Grands Chênes – La Ferrière-En-Parthenay (79) – Un atelier de production de fer au pied d’une motte (XIème – XIIIème siècle). Rapport final d’opération archéologique préventive, Arkemine SARL, Service Régional de l’Archéologie de Poitou-Charentes, 139 p., 32 figures, 25 planches, inventaires et annexes.



