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Home  > Références  >  Le Vigneau 1 et 2

  • Type :
    Archéologie préventive
  • Périodes :
    Néolithique - Âge du Bronze - Antiquité - Moyen Âge
  • Sujets et thèmes :
    Habitat rural - Nécropole
  • Dates :
    15/10/2012 - 19/04/2013
  • Surface :
    23500 m²
  • Aménageur :
    LGV SEA - COSEA

Le Vigneau 1 et 2 - Pussigny (Indre-et-Loire)

Une opération d’archéologie préventive s’est déroulée au lieu-dit Le Vigneau (commune de Pussigny, Indre-et-Loire), sur le tracé de la future ligne LGV SEA Tours – Bordeaux. Cette opération a été réalisée pour le compte de COSEA par un groupement d’opérateurs agrées, Arkemine (mandataire) et ArchéoLoire d’octobre à décembre 2012, et Arkemine (mandataire), ArchéoLoire et Paléotime de février à avril 2013. Les fouilles portaient sur une surface de 2,3 hectares. Elles ont mis en évidence plusieurs phases d’occupation allant du Néolithique moyen jusqu’au Moyen Âge.

Le site se développe dans la partie supérieure du plateau qui domine la vallée de la Vienne, à l’est, et le ruisseau de la Veude, au nord. Dans le secteur, le substrat est constitué de craie micacée, ou « tuffeau blanc », du turonien moyen (C3b). Les occupations s’étagent le long d’un versant exposé plein ouest, à une altitude moyenne de 86-90 m.

Le secteur en haut de la pente est occupé par une nécropole. Celle-ci a connu deux phases d’utilisation. La première date du Néolithique moyen. Ce sont, au total, 88 sépultures primaires simples et 9 sépultures primaires doubles qui ont pu être mise au jour.

Les individus reposaient en position latérale gauche, la tête à l’est. Certains comblements pouvaient aller jusqu’à 80 cm de profondeur. Les ossements apparaissent généralement dans le comblement inférieur, correspondant au produit de l’extraction du tuffeau lors du creusement des fosses, systématiquement induré par 6000 ans d’évolution pédologique.

Le mobilier funéraire comprend essentiellement des pièces lithiques et de la céramique, parfois des dépôts de faune. Le cortège de céramiques renvoie au Groupe de Chambon, avec notamment quelques vases à ouverture déformée.

De par son ampleur, une telle nécropole Chambon est inédite dans l’Ouest de la France. Son étude à venir nous permettra de préciser les solutions architecturales choisies pour la réalisation des tombes (pleine terre, ciste, mixte, à niche, etc.), de mieux connaître les populations et d’affiner les datations du mobilier, lequel dénote déjà des influences extrarégionales à même de nous renseigner sur les échanges culturels de l’époque.

            La seconde phase d’occupation de la nécropole date de l’Âge du Bronze final. La série de sépultures, bien que moins importante numériquement, est d’un intérêt majeur, car il s’agit visiblement d’une série homogène, livrant du mobilier en bronze datant, avec des architectures diverses pour les inhumations, comme pour les incinérations. Ces dernières étaient les moins nombreuses (six), avec des dépôts en pleine terre ou en urne. Les inhumations étaient effectués dans des tombes orientées nord-ouest / sud-est. Dix-sept ont été trouvées, mais seules sept ont livré les ossements d’un individu placé en position dorsale. Creusées dans le substrat, elles présentaient un aménagement périphérique en pierres (ou dalles de chant), formant un coffre, avec parfois la présence de dalles de fond.

Le centre de l’emprise de la fouille se caractérise par une occupation antique, divisée en deux secteurs. Le premier, au nord-est, est occupé par un fanum, extrêmement arasé. La cella est légèrement quadrangulaire, aux murs orientés NNO-SSE longs de 6,70 m, et aux murs OSO-ENE longs de 6,10 m. Deux murs en équerre, au nord-ouest et au sud-ouest, semblent témoigner de la présence d’une galerie large de 2,45 m. Dans son état final, le temple présente une enceinte périphérique de 42 x 30,5 m, avec un portique double à l’ouest, de deux fois 3,60 m de large.

Des structures en creux sont densément réparties dans les angles nord-ouest et sud-ouest de son enceinte cultuelle et dans les deux portiques occidentaux. Une série de fosses étroites et oblongues évoque la présence de plantations, d’autres témoigneraient d’une occupation postérieure avec un bâtiment sur poteaux. Quelques fosses ont livrés des ossements animaux en grand nombre, mais seule l’une d’elle témoigne d’une mise en scène du dépôt (d’un jeune bovin et de chèvres).

Ce temple est longé au nord et au sud par deux voies, signalées par la présence d’ornières parallèles. La voie méridionale s’oriente vers un ensemble de bâtiments sur poteaux et ou maçonnés (moellons de calcaire coquillier et liant argileux couleur pain d’épices), 50 m vers l’ouest. Ceux-ci sont le plus souvent à plan linéaire ou constitués d’une unique pièce, et s’organisent selon un axe NNO-SSE. Ils ne montrent que peu d’aménagements internes : trous de piquets, foyers (dont un constitué de trois tegulae posées à l’envers), massifs pierreux. Le sol correspond chaque fois au substrat nivelé. Les couches de démolition sont généralement directement posées dessus.

Les abords de ces édifices ont livré quelques empierrements. Au sein du plus important se trouve un puits, le seul découvert sur le site, parementé de moellons calcaires, d’un peu plus d’1 m de diamètre, dont la fouille a dû être arrêtée à 5 m de profondeur.

Le quart sud-ouest de l’emprise, en bas de pente, a révélé quatre souterrains médiévaux. La structuration de chacun est assez inédite. La partie supérieure correspond à un habitat semi excavé donnant accès, via un escalier principal, à une ou plusieurs salles creusées dans la roche. Ces cavités aménagées se démarquent en cela de celles retrouvées le long du tracé de la LGV-SEA (particulièrement en Poitou-Charentes), avec ici une relative pauvreté en aménagements défensifs, au profit d’une structuration de l’espace vouée clairement aux activités de stockage et, probablement, d’habitat.

La partie supérieure de chaque ensemble est riche d’aménagements, notamment des zones de foyer, des trous de poteau et des silos creusés dans la roche. Certains de ces derniers ont été trouvés encore vides et protégés par leur dalle de scellement. La partie souterraine correspond généralement à une grande salle ouvrant sur plusieurs alcôves, de dimensions diverses. Des foyers sont souvent implantés à l’entrée de l’espace principal, au pied de l’escalier, afin de permettre une bonne évacuation des fumées. L’un de ces espaces a livré des niveaux d’occupation correspondant à un millefeuille de cendres. Ces niveaux sont en lien avec l’utilisation de deux foyers, dont l’un présente une sole plusieurs fois refaite. D’autres niveaux d’occupation, parfois riche en mobilier (céramique de stockage), ont été découverts.

            Le quatrième souterrain, le plus grand, a la particularité de se trouver en limite de l’occupation romaine. Son comblement révélait un grand nombre de moellons et son accès au nord présentait un chemisage de la paroi (marneuse) réalisé avec des pierres, sans doute récupérées des bâtiments antiques.

             Le site diachronique de Pussigny « Le Vigneau » est réellement exceptionnel. Chaque occupation est remarquable par la qualité des vestiges conservés. La répartition spatiale de ces différentes occupations n’est pas anodine. Les cavités médiévales se situent en bas de pente, limitées à l’est par le bâti romain. Le fanum s’implante en périphérie exacte de la nécropole, sans recouper aucune des structures funéraires. Par ailleurs, il convient de noter qu’aucune de ces sépultures, néolithiques comme protohistoriques, ne se recoupe. Il est donc très vraisemblable qu’il y ait eu une permanence dans le paysage du marquage de chaque tombe (et donc par extension de la nécropole), puis des structures postérieures (bâti antique). Ceci s’explique certainement par le peu de recouvrement sédimentaire existant en ce secteur, une trentaine de centimètres au mieux. Cela nous permet, surtout, d’avancer l’hypothèse d’une occupation cultuelle antique initiée, voire structurée, par une tradition funéraire plurimillénaire.

Publications :

COUTELAS A. (dir.), HAUZEUR A., ARLES A., CHOL E., COURBOUIN-GRESILLAUD E., DUMAS-LATTAQUE P. et TERROM J. (2014) – Pussigny « Le Vigneau », de la nécropole néolithique au village médiéval, « Archéologie en région centre » (La LGV Tours-Bordeaux en Indre-et-Loire) n°5-2, DRAC Centre, Orléans, 12 p.

 

  • Responsable d'opération
    Arnaud Coutelas
  • Contact responsable : arnaud.coutelas@arkemine.fr
  • Equipe de fouille :
    A. Arles (RS)
    G. Bruno (topo)
    E. Courboin-Gresillaud (RS, Paleotime)
    P. Dumas-Lattaque (RS,ArchéoLoire)
    A. Hauser (coord., Paleotime)
    S. Painsonneau (topo)
  • Partenaires :
    Beta Analytic (datations)
    L. Roux (archéozoologue)
    E. Mens (Archéoatlantica)
  • Suivi SRA :
    L. Bourgeau, C. Verjux, V. Aubourg
  • Avis CIRA :


Sépulture
Fanum
Habitat
Souterrains aménagés